<<Mais tu pars oui tu pars sans me voir>>
Blessée, déçue. Des mots encore et toujours, tranchant, coupant à vif. Une obsession s'installe, un doute, des regrets? Et puis elle se réfugie dans le noir, sur ces marches gelées, près de la petite fenêtre. Elle attend patiemment celle qui va l'enlever. L'extraire hors de ces pensées. Enfin les phares, elle coure, dérape, se rattrape et rentre dans la voiture. Au chaud. Le sourire aux lèvres. De l'air enfin. Une heure, de discutions, de musiques et de danse. Une heure de confidences, une heure pour apprendre à grandir, et à oublier le monde et tous les ennuis. Les larmes piquants les yeux, apprendre à assumer, à avancer. Ne plus faire attention, ne pas avoir de regrets, mais apprendre de ces erreurs, pour l'avenir. Rentrer, la remercier. Sentir ses joues contre les siennes. Partir, souriante. La déception est bien là, mais l'indifférence l'a remplacé à moitié. Elle respire.
Alors demain visiter, ce campus, sa future vie qui sait. Enfin. la peur au ventre de les quitter. Cela fait trois ans qu'elle grandit au milieu de six garçons. Trois ans qu'elle vit par eux, grâce à eux. Elle est devenue l'un d'eux, la franchise, surtout cela, la franchise. Malgrés ses faiblesses s'étaient en eux qu'elle trouve la force. Et puis eux ce sont ses protecteurs, cela fait trois ans que personne ne l'approche, que personne ne dit du mal d'elle, parce qu'ils sont là, et qu'au fond les autres n'ont pas intérêt à égratiner cette fille. Cette fille au petites mains, avec ses yeux noirs et ses cheveux changeant. Eux, un groupe, une vie entière, le bonheur absolu.
Et puis ce soir ce sont les mots de cette demoiselle qui lui ont rappelé de garder continuellement l'espoir. La voir. Elle en rêve. Sa gentillesse qui a peu d'égale. Ses mots. Et le reste elle le garde égoïstement pour elle. Merci, ce dimanche sera à Elles.
Alors s'enivrer du nouvel album d'Indochine. Boulversant. Aucune préférence, toutes atteignent les profondeur de son corps. En boucle. Encore, encore plus fort. Toujours meilleur. A ses écoutes de vie, se rajoute les mots de Eluard, et son écriture intemporelle. Ces mots, justes, résonnants si bien, boulversants aussi. Si perdre tous les soirs. Rêver, imaginer, s'y retrouver. En alternant avec du Duras. Une drogue, une autodestruction, une évasion.
Des mots, pour rien, mais peu l'importe.
Photo parce qu'Eux *_* .