C'est l'histoire d'une gamine, qui n'a jamais réussit à vivre pour elle, qui ne vivait que pour les autres.. C'est l'histoire d'une petite fille qui voulait partir, qui voulait mourir avant les autres, parce que sa mort au fond ne lui fait pas peur, puisqu'elle ne peut y échapper, mais la mort des autres la terrorise, chaque jour, un peu plus. Partir avant les autres, parce qu'elle est lâche, depuis toujours la jeune enfant, parce qu'elle sait qu'elle va souffrir de leurs absences, et elle est lâche face à cette souffrance, le combat elle veut l'abandonner, lui tourner le dos une fois pour toute.. Mais se retourner pour toujours, obligerait les autres à se battre seule contre l'absence, le néant, ce petit trou au fond de vous, dans la gorge, dans le ventre, ce lui qui se creuse qui empêche la faim de s'installer, qui régurgite tous sentiments, qui appuie, brise et dévaste le peu de vie... Piqûre de rappel incessante, « tu ne peux oublier, il te manque et cela pour toujours ». Pour toujours... cela résonne, une alarme, une sirène hurlante.. le corps cède à la folie, un corps brûlant, les vannes s'ouvrent, assèchent le corps, la peau salée se rétracte, la raison se dissout, et toute envie d'avancer s'enfuit... La passion s'évanouit, la drogue réanime un peu ce goût de vivre, pour tout ceux qui ne peuvent plus, en leur mémoire, en leur honneur, vivre plus fort pour qu'ils sentent de là où ils sont qu'on vit pour eux, juste pour eux, qu'ils battent au fond de nous encore et pour longtemps, et sans ce battement, on les aurait déjà rejoint depuis bien longtemps. Devrait-il cesser ce battement finalement?
Electrastar, les larmes... seule sur le carrelage. June. Et ce n'est que le début de sa propre fin, elle ne peut plus résister, au manque. Trois ans bientôt, et ce cap est impossible à franchir. 0 :57 secondes, la tête qui cogne le sol, il n'en faut pas plus pour qu'elle foute tout en l'air. Un peu plus pour se foutre en l'air. Mais pas encore, elle stoppe la musique, ce ne sera pas pour cette fois, pas encore. Demain peut être quand la solitude recommencera quand, elle s'autodétruira à nouveau, seule sur ce carrelage si blanc, si froid. Son ami, celui qui recueille toutes ces larmes, ces cris sans réponses, ces appels à l'aide, auxquels elle n'attend plus de réponse depuis bien longtemps. Le grand soir, les yeux brouillés, le corps vidé.. Il lui reste sa voix, la seule et l'unique qui lui a permise de sortir du gouffre, qui lui a redonné l'envie de se battre, de changer, de grandir un peu, et d'assumer ce qu'elle est, ce tas de manque et d'absence, cette fille qui a le doigt sur son étoile à jamais, puisque personne ne sait qui elle est en vrai.
Alors continuer, avancer, part eux. Et tant pis si on la traite de folle, parce que c'est cette folie qui permet à ses jambes de la supporter encore un peu, de la faire avancer, au milieu de ces visages incompris. Et cela ils ne le comprennent pas. Parce que ces 6 soirs là seront pour tous ses en allés, et enfin pour sa propre (sur)vie, car ses larmes, son corps ne se videra plus sur ce carrelage, mais au milieu de la foule, dans le noir et qu'elle n'aura enfin plus honte de ce deuil qu'elle n'arrive toujours pas à faire. Les plaies s'ouvrent une à une, et elles se cautérisent le temps d'un soir par la jouissance qu'ils lui offrent, dans cet autre univers, enfin, elle vibre, elle flotte, ailleurs... ailleurs.

